Juin 1940. À Chartres, un préfet français est arrêté par les nazis pour avoir refusé de falsifier la vérité. Dans sa cellule, il passe la nuit avec un tirailleur africain. L’Histoire a retenu le nom de Jean Moulin. Elle a oublié celui de l’autre.
À partir de ce face-à-face réel, Edouard Elvis Bvouma invente un dialogue possible. Non pour combler un vide, mais pour en faire entendre la profondeur. Sur scène, deux acteurs rejouent, déplacent, interrogent. Ils ne cherchent pas à reconstituer fidèlement les faits, mais à faire surgir ce qui échappe : les silences, les angles morts, les déséquilibres de mémoire. Dans un espace presque nu, les corps et les voix suffisent. Les rôles glissent, les points de vues se croisent, et peu à peu, une autre lecture de l’Histoire apparaît. Une histoire partagée, mais racontée à voix inégales. Chacun pour un, deux pour tous est une brèche. Et dans cet espace, une urgence : regarder enfin ce qui, longtemps, ne l’a pas été.
Prédominance du texte sur la scénographie